Barack Obama défend la Fed et répond aux critiques de Pékin

09 Nov, 2010 @ 02:19 am CET | written by Reuters


Le président Barack Obama a défendu lundi la politique monétaire de la Fed à l'occasion d'une visite en Inde, répondant ainsi à la Chine qui a intensifié ses critiques à trois jours du sommet du G20 à Séoul.

L'ambition du sommet de jeudi et vendredi de trouver un terrain d'entente entre les 20 principales économies de la planète pour d'éviter une "guerre des monnaies" et les protectionnismes, est mise à mal par le vif débat suscité par le programme d'assouplissement monétaire quantitatif supplémentaire annoncé mercredi dernier par la Réserve fédérale des Etats-Unis.

"Le mandat de la Fed, de même que le mon propre mandat, est de faire croître notre économie. Et ce n'est pas uniquement bon pour les Etats-Unis, mais également pour le monde entier", a déclaré le président des Etats-Unis.

"Et la pire chose qui pourrait arriver à l'économie mondiale, pas seulement à la nôtre, c'est que nous nous retrouvions sans croissance ou avec une croissance très limitée."

Les Etats-Unis ont de manière répétée reproché à la Chine de ne pas laisser le yuan s'apprécier librement afin de soutenir ses exportations. Lundi, Pékin a à son tour accusé Washington de manipuler indirectement son taux de change, sous couvert d'un soutien affiché à un "dollar fort".

"CONSULTATION PRÉLIMINAIRE"

"Pour les Etats-Unis, émetteurs d'une monnaie de réserve, lancer une deuxième vague d'assouplissement quantitatif en ce moment, cela veut dire à notre avis qu'ils ne se montrent pas à la hauteur de leurs responsabilités concernant la stabilité des marchés mondiaux et ne pensent pas à l'impact des excès de liquidité sur les marchés émergents", a déclaré le vice-ministre des Finances Zhu Guangyao, lors d'un point de presse à Pékin.

Plusieurs pays émergents d'Amérique latine et d'Asie ont également critiqué la décision de la Fed.

La Russie s'est jointe à ce concert en déclarant lundi que les membres du G20 auraient dû être consultés avant que la Fed ne prenne sa décision.

"Le président russe va insister sur le fait que de telles décisions doivent être soumises à une consultation préliminaire des autres membres de l'économie mondiale", a déclaré Arkadi Dvorkovitch, un des "sherpas" russes pour le sommet du G20.

La mesure de la Fed a suscité des craintes de tensions inflationnistes et les pays émergents font valoir les risques d'un afflux de capitaux vers leurs économies. L'or, traditionnel refuge contre la montée des prix, a brièvement atteint un nouveau record lundi au-dessus de 1.398 dollar l'once.

Pour Barack Obama, affaibli par la défaite du camp démocrate aux élections de mi-mandat, l'Inde est la première étape d'une tournée de dix jours en Asie, au cours de laquelle le chef de la Maison blanche se rendra entre autres en Indonésie et au Japon. Il sera à Séoul les 11 et 12 novembre pour le G20.

Pour apaiser les tensions avant le sommet, les Etats-Unis ont déjà cédé sur la question d'un objectif chiffré plafonnant les excédents ou déficits des comptes courants, une idée rejetée par la Chine, l'Allemagne et le Japon notamment.

Au cours du week-end, à l'occasion de la réunion des ministres des Finances de l'Apec, le Forum de coopération économique de l'Asie-Pacifique, le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner a déclaré que les Etats-Unis ne tenteraient pas de faire approuver cette proposition à Séoul.

"Au regard de la réaction négative des gouvernements des économies émergentes à l'encontre de ce nouveau programme d'assouplissement quantitatif, la probabilité d'un cessez-le-feu dans la guerre des monnaies semble mince", a commenté lundi RBC Capital Markets, dans une note.

Avec David Chance à Séoul, Catherine Monin pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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