G20 - Pékin exhorte la France à la "patience"
29 Oct, 2010 @ 02:13 am CET | written by Reuters
La France doit faire preuve de "patience" dans sa quête d'un nouvel ordre monétaire international, estime la vice-ministre chinoise des Affaires étrangères dans une interview publiée jeudi par Le Figaro.
Dans cet entretien, réalisé à la mi-octobre à Marrakech lors d'une conférence organisée par l'Institut français des relations internationales, Fu Ying avertit que Pékin n'apprécie pas les pressions exercées sur la Chine pour réévaluer sa monnaie.
Au lendemain du sommet du G20 des 11 et 12 novembre à Séoul, la France prendra la présidence de ce groupe informel des pays les plus industrialisés de la planète et des "grands émergents" comme la Chine, l'Inde ou le Brésil.
Le sommet de Séoul et la future présidence française seront au menu des entretiens que le président chinois Hu Jintao aura avec son homologue français Nicolas Sarkozy lors de sa visite d'Etat en France, du 4 au 6 novembre, a précisé jeudi Fu Ying, lors d'une conférence de presse à Pékin.
"Concernant les affaires internationales, la Chine et la France ont de nombreuses positions identiques ou proches", a assuré la vice-ministre chinoise des Affaires étrangères lors de cette conférence de presse dans la capitale chinoise.
Nicolas Sarkozy a fait du lancement d'une réforme du système monétaire international une priorité de la présidence française du G20 et s'efforce de rallier le plus de partenaires possible à cette démarche. L'attitude de la Chine sera, à ce titre, une des clefs du succès ou de l'échec de son entreprise.
Dans son interview au Figaro, Fu Ying salue l'attitude "dynamique" de la France mais lui adresse des avertissements à peine voilés. Elle met ainsi en garde Paris contre la tentation de mettre sur la table trop de nouveaux sujets avant que les décisions déjà prises par le G20 soient appliquées.
TRÊVE PRÉCAIRE
"Le G20 doit demeurer efficace", dit-elle. "Nous avons besoin de progrès tangibles. Appliquons ce dont nous sommes déjà convenus." S'il n'y a "rien de mal" à ce que Paris fasse des propositions, poursuit-elle, "je pense que la présidence française devrait avoir la patience d'écouter chacun, notamment en ce qui concerne la réforme du système monétaire".
Elle rappelle que, pour Pékin, souvent accusé de maintenir le yuan à un niveau artificiellement sous-évalué, les questions de taux de change relèvent de la souveraineté nationale.
"Nous n'apprécions pas toute cette pression qui s'exerce sur la Chine, comme si le taux de change du yuan était une clé magique à tous les problèmes", ajoute Fu Ying.
Elle assure cependant que la Chine est "déterminée" à passer progressivement d'un yuan "plus ou moins accroché au dollar à un système fluctuant selon la valeur d'un pannier de monnaies", pour permettre des taux de change plus flexibles.
Ses propos ont été recueillis avant la réunion des ministres des Finances du G20 le week-end dernier en Corée du Sud. Cette réunion a permis de conclure une trêve précaire dans la guerre des monnaies, trêve qui doit encore être consolidée.
Des tensions demeurent notamment entre les Etats-Unis et la Chine sur la question des excédents commerciaux et le risque de dévaluations compétitives.
Lors de sa conférence de presse à Pékin jejudi, Fu Ying a précisé par ailleurs que Hu Jintao discuterait aussi avec Nicolas Sarkozy de projets aéronautiques et nucléaires.
Selon une source gouvernementale française, la visite du président chinois pourrait être l'occasion de la signature d'une commande par la Chine à Aribus de 100 à 150 avions, en majorité des monocouloirs de type A320. (Emmanuel Jarry, avec Chris Buckley à Pékin, édité par Patrick Vignal)
Reuters.Tous droits réservés.


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