Analyse Hebdo.: S&P souffle un vent de panique sur les Pays PIGS
03 May, 2010 @ 03:46 pm CET | written by GFCMarkets
USD
Rien de mieux pour booster le dollar qu'une dégradation des pays "PIGS" , acronyme désignant les cinq pays européens aux déficits jugés excessifs (Portugal, Espagne, Italie, Irlande et Grèce). C'est ce qui s'est produit la semaine dernière, le dollar s'est apprécié suite à la dégradation par Standard and Poor's de la notation de crédit de trois pays "PIGS". Le billet vert a atteint un record de 10 mois contre l'euro et, mardi, les indices boursiers et les matières premières ont chuté de plus de 2%. L'or se révélait être le grand gagnant de la crise de crédit : son cours a atteint un plus haut annuel à 1170, sur fond d'aversion au risque de la part des investisseurs.
Cette semaine s'est également réuni le Comité de FOMC de la Réserve Fédérale. Sans surprise, la FED a maintenu son taux directeur inchangé et a ajouté des commentaires optimistes sur la conjoncture économique américaine. Elle a notamment noté une reprise de la consommation des ménages et une amélioration du marché du travail. Ces déclarations mesurées ont permis au dollar de s'apprécier contre le yen, dans la mesure où il apparaît que les états-Unis relèveront vraisemblablement leur taux d'intérêt directeur avant le Japon.
Cette semaine, les cambistes suivront les nombreux indicateurs économiques publiés aux états-Unis, notamment le rapport sur l'emploi qui sera annoncé vendredi. Pour les marchés, l'emploi constitue un facteur clé dans la stratégie de sortie de la FED. C'est pourquoi, si le rapport venait à décevoir les attentes des investisseurs, le billet vert pourrait être amené à souffrir.
EUR
La semaine passée, les échanges sur l'euro ont été à nouveau dominées par l'actualité des pays "PIGS". L'agence de notation Standard and Poor's en a été l'acteur principal, en dégradant les notes souveraines de la Grèce, du Portugal et de l'Espagne. Cette décision a été particulièrement lourde de conséquence pour la Grèce, dont les obligations se sont vues reléguées dans la catégorie des investissements spéculatifs. En réaction, les rendements des emprunts d'états grecs ont monté en flèche, rendant prohibitif tout refinancement sur les marchés de la dette grecque arrivant à échéance. Mais, l'abaissement des notes du Portugal et de l'Espagne a été au centre des inquiétudes des investisseurs, qui craignent une contagion de la crise de crédit à l'ensemble des pays de la zone euro. Dans ce contexte, la paire EURUSD s'est négociée à 1,3130, son plus bas niveau depuis 10 mois.
Cette semaine, la BCE se réunira jeudi pour rendre sa décision mensuelle de taux d'intérêt. Les cambistes écouteront les commentaires du Gouverneur Trichet concernant la situation de la Grèce, du Portugal et de l'Espagne. Il est vraisemblable que le processus de sauvetage financier de la Grèce et l'évolution des cours des emprunts d'Etats Européens sur les marchés obligataires seront les principaux déterminants des échanges sur l'euro cette semaine.
GBP
Jeudi se tiendront les élections parlementaires au Royaume-Uni. Cet évènement conduit les cambistes à se projeter dans l'avenir, avec au centre de leurs préoccupations, le budget qui sera adopté à l'issue des élections. Le consensus est d'avis que la livre pourrait profiter d'une victoire des conservateurs, dans la mesure où ils ont annoncé l'adoption de mesures d'austérité destinées à réduire les déficits publics. En revanche, un parlement sans majorité claire pourrait entrainer la paire GBPUSD vers de nouveaux plus bas annuels.
Le suspense règne sur la composition du futur gouvernement, le libéral-démocrate Nick Clegg s'étant prononcé pour la participation de son parti à une coalition gouvernementale. Il reste à savoir si les Libéraux Démocrates seront prêts à s'aligner sur les positions des Conservateurs. En tout les cas, les observateurs s'accordent à dire que l'émergence de Nick Clegg a insufflé une nouvelle dynamique dans le débat politique national, qui pourrait avoir des implications importantes sur la tendance future de la livre sterling.
JPY
En raison des inquiétudes en Europe, le yen a été très en vue en début de semaine, avant de reperdre du terrain ensuite, à mesure que la hausse des marchés actions redonnait aux investisseurs de l'appétit pour le risque.
Il semble que les marchés soient de plus en plus préoccupés par les niveaux élevés des déficits et des risques d'une éventuelle dégradation des notes de crédit du Japon. À ceci s'ajoute le fait que la faiblesse actuelle du yen profite aux exportations japonaises et éloigne, à court terme, toute intervention visant à renforcer le yen.
Cette semaine, les échanges sur le yen seront influencés par l'actualité grecque et le rapport sur l'emploi aux états-Unis. Toute nouvelle négative en lien avec ces évènements pourrait entraîner un renforcement de la devise nippone.


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