Analys hebdo.: Le dollar retrouve des couleurs
29 Mar, 2010 @ 03:06 am CET | written by GFCMarkets
USD
La semaine a été particulièrement bénéfique pour le dollar, en dépit d'une actualité relativement calme aux états-Unis. La FED a maintenu un discours de politique monétaire inchangé. Le Congrès a finalement voté la réforme de l'assurance maladie, sur fond de polémique sur son coût prévisionnel. Enfin, les statistiques économiques ont continué d'être en demi-teinte. Ceci semble confirmer l'adage : "Pas de nouvelle, bonnes nouvelles". Voyons quelles sont les raisons de la hausse du billet vert ?
Elles sont de deux sortes. Premièrement, les inquiétudes au sein de la zone euro et au Royaume-Uni ont amené les investisseurs institutionnels à réallouer leur portefeuille, pour privilégier le dollar au détriment de l'euro et de la livre. Ces mouvements n'ont pas eu d'impact sur les indices boursiers internationaux, car ils n'ont concerné que les actifs de type monétaire et non les actions. Deuxièmement, les cambistes semblent anticiper que la FED relèvera ses taux d'intérêt directeurs plus tôt que prévu ; ces spéculations se sont manifestées sur le marché par une tension sur les rendements des emprunts d'état américains.
Cette semaine, l'actualité outre-Atlantique sera plus chargée, avec la publication des chiffres de l'emploi non agricole. Le mois dernier, le dollar n'avait pas réagi à ces chiffres affectés par les tempêtes de neige qui s'étaient abattues sur de nombreux états. Ce mois-ci en revanche, les cambistes s'attendent à voir des signes tangibles d'amélioration du marché du travail. C'est pourquoi, si les chiffres ADP de l'emploi (attendus mercredi) et ceux des demandes d'allocation-chômage (annoncés jeudi) sortent inférieurs aux attentes, le dollar pourrait reculer avant la publication vendredi du rapport sur l'emploi. Notons également que les grandes places boursières seront clôturées pour le vendredi saint, ce qui devrait se traduire par de faible volume et une volatilité plus élevée sur le forex.

EUR
La paire EURUSD atteindra-t-elle 1,3400 ? C'est fait. 1,3300 ? Ce niveau a également été atteint. 1,3000 ? C'est possible. Et 1,2500 ? Personne sur les marchés ne serait surpris. Le niveau de l'euro a alimenté toutes les conversations la semaine dernière, la monnaie unique atteignant un plus bas de 10 mois par rapport au dollar, dans un contexte de crise de crédit dans l'Union Européenne. À celle-ci se sont ajoutés les débats sur la possibilité ou non d'exclure de la zone euro des membres qui n'en rempliraient pas les critères. Dans ce contexte, l'euro a souffert et n'a pas réussi à faire retomber la pression.
Ainsi, en fin de semaine, l'adoption lors du sommet européen d'un plan de soutien à la Grèce n'a pas permis à la paire EURUSD de récupérer ses pertes des séances précédentes.
Cette semaine, l'euro pourrait profiter d'un peu de répit, en raison d'une actualité moins chargée. Les agences de notation de crédit devraient, elles aussi, prendre un peu de recul, le temps de voir comment le plan de sauvetage européen agit sur les conditions de refinancement des pays membres en difficultés.

GBP
Il devient de plus en plus difficile d'anticiper les mouvements de la livre. La semaine dernière, elle a subit alternativement des pressions vendeuses ou acheteuses avant les annonces statistiques. Celles-ci se sont accrues après publication, avant d'évoluer au final en direction opposée.
Au global, les cambistes ont des appréciations divergentes de la situation économique du Royaume-Uni. Celles-ci se sont également révélées lors de la publication mercredi du budget annuel. D'un côté, le gouvernement s'est engagé à réduire ses déficits, mais de l'autre, il a revu legèrement à la baisse ses previsions de croissance pour 2011. Pour les investisseurs, ces incertitudes se traduisent par une hausse de la volatilité, offrant ainsi de nonbreuses opportunités de trading.
Cette semaine, les cambistes suivront jeudi l'indice de confiance des directeurs d'achat du secteur manufacturier. Jusqu'à présent, la croissance du secteur manufacturier a été la bonne surprise de l'économie britannique ; c'est pourquoi, tout signe de faiblesse de cet indicateur pourrait entraîner un recul de la livre.

JPY
La semaine dernière a été marquée par la baisse du yen. L'attention des opérateurs s'est focalisée sur le recul de l'euro et de la livre, pourtant la faiblesse du yen a été de telle ampleur que les paires EURJPY et GBPJPY ont accompagné l'USDJPY à la hausse. Cette configuration est inhabituelle, car traditionnellement le yen augmente dans les périodes d'incertitudes.
C'est pourquoi, deux interprétations sont possibles : soit le yen est actuellement sous-évalué, ce qui pourrait l'amener à rebondir à court-terme ; soit nous assistons à un changement du sentiment du marché à l'égard de la devise nippone. Si cette dernière hypothèse se vérifie, elle pourrait entraîner un boom des exportations japonaises, alimenté par la faiblesse du yen.



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